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HOMMES

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CHOSES.

OUVRAGES DU MÊME AUTEUR :

Nouvelles, 1 vol. in-d2.

RoMAircEs, Ballades et Légendes, 1 vol- in-12.

GRAITTS ÀRMOEICAIHS ou SOUYEHIRS de BASSE'BRETAGNt ,

1 vol. in-42. Opivioir de m. Cristophe , li"® partie. Sur la liberté du

Commerce. Opinion de M. Cristophe , 2^ partie , suivi de son voyage

commercial et philosophique. Opinion de M. Cristophe, partie. M. Cristophe à la

Préfecture. Opinion de M. Cristophe , et dernière partie. Le dernier

jour d'un homme. Satires , Contes et Chansonnettes, i vol. in-12. Petit Glossaire, 2 vol. in-12. De la Création. , essai sur L'oEiaiiTE ir la progression des

êtres , 5 vol. in-12. Petites solutions des grands mots, 4 voL in -12. Antiquités. CELTIQUES et antédiluviennes , avec SO planches

représentant 1600 figures , un fort vol. in-S».

Ces divers Ouvrages se trouvent :

A PARIS, chez TREUTTELetWuRTZ, Libraires,riie de Lille, il.

chez Dumoulin , Quai des Augustins, 13.

chez Débâche, Libraire, rue du Bouloy, 7.

Chez Victor Didron, Place St. -André-des- Arts, 30.

A ABBEYILLE, chez C. Paillart , Imprimeur , et chez tous

les Libraires.

HOMMES

CHOSES;

ALPHABET PASSIONS ET DBS SENSATIONS.

M. BOUCHER DE PERTHES.

TOHE PBEMIEB.

TiBirmL et Wdiie, Libraires,! DcMOVLiH, Quii dct Augai- nie de Lille, d7. tins, 13.

Viclor DiDkOH , Plicc Sâinl- DuACMi, me do Boolof , 7. { André-dea-Arta, 30.

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ALPHABET

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DES PASSIONS

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ET DES SENSATJKWS.

ESQUISSES flE wttms.

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4 B C. Nous vous offrons ceci ççfntne spjâcinieû (f. préface: c'est encore un A B Ç.fe.spï^ Ipin jff^tfifiàf^ que cette forme soit jpréci^^^n^^^tirfijfi^te pqvr le^çf^r, mais elle est très-commo4e.po^ Yécn^i/^k qfj^fjljL^ 4^f^ de frais d'imagin^tiop et 4h 9fnpi ^ l?PP9Ç9^F ^^ .irf^ rationuçl. Il n^a plus ,^.]répç|fid^e î ,qetite,quei^ti(Hi tpig/ç*^ embarrassante poi|r sa çqu^efice fl'/f ^^r : Vfi^^Pi^.Wft mencerai-jc? f quelje'p^fie.fni^îr^ji^-dp ^^W^, H^ Pmèxfi à ce qu'il, j^^ pAss^.4e,«i44|oG^,§Kf9êni^.)« WHT^^I^i.^

6 ABC

causerai-je pas une agréable surprise, quand il verra qu'en avançant il s'ennuie moins?

Mais , d'un autre côté , ne jettera-t-il pas le livre au premier bâillement, en disant: assez comme cela?

Au moycD de Falphabet , l'aiiteur n'a plus à peser ces considérations , il n>st responsable de rien ; el si on lui dit qu'une chose n'est pas à sa place , il répond : prenez- vous-en à TA ou au B et à celui qui , le premier, a cru devoir mettre l'un avant l'autre.

Ajoutons que l'A B C fait passer bien des choses qui ne passeraient pas sous d'autres formes. Accoutumés que nous sommes en naissant, à avaler l'A tout fade qu'il nous semble, pour arriver au B qui n'a pas plus de goût et puis au C qui nous donne des nausées, il s'en suit que plus tard , grâce à l'habitude , nous trouvons très-sup- portables ce même A , ce même B , ce même C , pourvu qu'on y ajoute un peu de sucre ou de sel et que nous soyons bien disposés.

On le voit donc: si cet ordre d'A B C n'a rien de poétique , s'il n'encadre pas brillamment les roses , il dissimule assez bien le stras et donne un certain cha- toiement à la verroterie même.

Quant aux avantages typographiques et à l'économie qui en résulte, ils sont manifestes. Remarquez que la manutention de la littérature par alphabet a des rapports •naturels avec l'agencement d'une imprimerie : votre esprit se trouve tout prêt à sortir du cassier et à entrer dans la fbrme. Aussi, rien ne plaît mieux à l'imprimeur et à ses aides ^ue le génie qui s'échelonne au syllabaire. Non- seulement la composition typographique et l'épreuve pre- mière sont faciles, mais les additions et suppressions n^y présentent aucun obstacle ; on allonge, on coupe, on taille avec une aisance admirable. Un article est-il trop long ou ne fioit41 pas bien la page, le divise en devx. Est-il trop

ABC 7

court et le blanc trop large, avec deux on en fait an.

Vous ayez encore la ressource des rognures. Alors les additions se font tout naturellement et par la conséqueuee même des coupures ; car dans la littérature alphabétique, comme dans certains gibiers, tout est bon.

Ainsi, quand vous aurez supprimé la queue d'un article, vous n'aarez autre chose à faire que de compter les lignes et d'intercaller la pièce dans un lieu convenable. Le sujet n'y fait rien : si cette queue n^a aucun rapport avec la béte à laquelle vous l'attachez , si c'est une queue de renard qae vous avez reliée à un croupion de lapin, l'effet n'en sera que plus piquant et l'admiration plus durable.

Les corrections de fonds, ou celles dites d'auteur, ne sont pas plus difGciles. Un article est-il faible et mou, un ami a-t-il la charité de vous le dire, ou, par un hasard non moiiis providentiel, avez-vous l'esprit de vous eu aperce- îoir, vous évitez, par un procédé aussi simple qu'ingé- nieux, un remaniement toujours ennuyeux et souvent difficile. Vous changez tout uniment le mot qui aura servi à votre thème, et vous auriez bien du malheur s'il ne pouvait s'ajuster à un autre.

Par exemple , vous avez voulu dessiner le caractère de Porgueilleux et vous avez touché à côté : vous barrez orgueiUeuo} et vous écrivez vaniteux.

Si winiUua) ne va pas mieux, vous mettez prétentietix ^ ou fieTj ou superbe; bref, vous tâtez et vous finissez par arriver à un résultat satisfaisant.

Ce n'est pas autrement que procèdent tous les biographes modernes; ils font façonner sur trois tailles, selon le goût du moment , des articles pour homme ou pour femme ; puis, les articles faits, on cherche un individu pour chacun; on l'y applique , et il est bien rare que l'application ne soit pas heureuse.

Après avoir ainsi nettement exphqué les motifs qui nous

J8 ABC

ont fait choisir xseite marche alpbabëti(|»e , nous dirons , non moins frandifimeat, pourquoi nous ai^ns mis au livre te titre qu'on y voit. En ceci, d'aborid, nous avons vonki .Qous conformer à la mode .qui veut qu'uo titre n'ait qitf peu ou point de rapport à l'ouvrage, mode cpie fap^ouve .entièrement , d'abord {Mroe ipi'elie préserve des analyses 49kt^ d'après le titre seul, en i)bli^aftt ies critiques et journalistes à lire au moins quelque chose de l'oeuTre, ne ftissent que }a table et l'errala.

Ensuite, .ces titres vagues qui disait itowt, en é'autrce tteripe^, qui ne disent rien, ont un auire ai^antage, c'est de ne poiut irotoiper J|e lecteur quand le i^ivre n^ien dit pas p|u^ .quede ititre : la bonne foi d'abord.

D'aiU^urs, ,qU'.a ibesoin un auteur de .s'ocoupqr â|i ititre (de 900 livne , ^|uand .chacun loi en confère ^un sans s'inq^iéter de eeku qu'il a choisi Jui-méuie. Cduinà n'est ^«^ alprs . qu'iHie formuAe^ coipue le trè3'-humble (9ervi<Bur à la fin d'une <letU:e, ou liberté, égalité .au «ommencemeai, .cho$e .qu'avec msQn on .considère aujourd'hui /comàie sin^ples iRignettes.ou culs-de^ampe.

Or, en voyant mon A B C, tout lemondetdit: clest^un dictÎQ^paire. Il e»% vrai qju'on se demande , idès «qu'on 4'quyjre, pourquoi y manque-t-ii taojt de mats .et ef^one plus de choses? Hélas ! c'fat.que, 4iQUt vieux quejCiSuis, je ne liç |wis , encore, j'épèle,çt que ^ n!en sois qu^à l'A.

Si je xé^htB cet A aF^ t£iut de jperaéKérafice, c'est pour engager un autre à dire 9 , ee ^ui décidera /un «troisième dire C, «et ainsi de jsi^ite. C'est de cette .msmièm, ou *petit i ipe^t , que 9e qoustruiekent tous les .moaumenSi Que :(^çm y ^porte ;$a |)4eri)e<et sa pincée >âc .ciment, à la Ippg^e la mmou se f trouve laite.

$i Je plan flian.que d'unité ^;il arrive up plus.l^abile qui démolit l'édifice imparfait; puis , quand -tout «fit itenre, ^^1 ç^ç^ine i^ vméàfim/^hmÀ .piàce , nejette 4es parties

ADO 9^

siperflues ou mauvaises el consenre les bonnes. Sans doBte avec ces boones pierres il ne peut, le plus souvent, éhref la nvaison qu'au premier étage ; mais peu importe eieore, si le plan est coi^venable , si \&& fondations sont solîdeiB, la bâtisse se cooiplèterai tôt ou tardw

Tel est ici notre espoir. Pauvre maçon, je ne suis encore qa^tu bas de rëohelle, et c'eM que je d^ose ma poignée d( sable. Après moi en viendra un autre qui atteindra le second échelon, et ainsi de suite. Qu^n ne dédaigne donc pis le fai\Ae ouvrier , mais plutôt qu'on Tèncourage et qifon Faide^

ADORER. Adorer est une expression qui, dans notre Uagoe , ne présente pas un sens absolu , ou même qui , peorbien des gens, n'en présente pas du toiit. On adore ce qt'oii ne conçoit pas , et c'est ainsi qu'un mystère (M adorable^ ou bien ce ^e l'on conçoit comme sens et natière : ta èiaîtresse ou le veau d'or ; alors adorer «t de ridolâtrie.

le sais qu'on se sert ordinairement du mot ctdorer pour oprimer une invocation à la Divinité; mais une invocation est nn recours, un appel, une supplique, une requête, une deinande enfin. C'est donc une chose définie, tandis qu'a- dorer n'est qu'unâ contemplation muettei Ce n'est pas Mine tue actiioh de grâce ; car un remercîment est non moins défini qu'une suppKque : on demande pour obtenir, Ton remercie parce qu'on a obtenu.

Dieu n'est pas un mythe, une simple image: c'est le Dieu vivant, c'est le tout-puissant; partant, un être très-positif. L'on devrait donc être explicite quand on s'adresse à lui et même lorsqu'on en parle. Aussi, au mot adtn-er je préfère, dans bien des cas, ceux de prier, dHnvoquer, de remeroi&f, parce que chacun sait ce que cela veut dire j tandis que

10 AFF

sur cent personnes qui entrent au temple sous prétexte d'adorer , il y en a un tiers qui y vont pour autre chose, et uu autre tiers sans savoir ce qu'elles y vont faire. Aussi n'y font-elles rien. Elles ne demandent rien à Dieu, elles ne le remercient pas, elles ne pensent même pas à lui. Quelques formules inattentivement récitées, quelques gestes mécaniquement exécutés, voilà en quoi, pour elles, con- sistent l'adoration et le tribut d'amour qu'on doit à la Divinité. En vérité , les humains seraient plus difficiles , et il en est fort peu qui se tinssent pour satisfaits , si leurs cliens n'avaient rien autre chose à leur offrir.

Quoiqu'il en soit, elles sortent bien convaincues qu'elles ont adoré Dieu. Mais demandez-leur ce que c'est qu'adorer Dieu et en quoi ce qu'elles viennent de faire peut lui être agréable, elles ne pourront vous le dire ou elles le diront de manière à démontrer qu'elles ne l'ont pas compris. On me répondra qu'il vaut mieux ne pas comprendre que comprendre de travers. C'est possible. Aussi , nous ne demandons pas qu'on supprime le mot adorer pour expri- mer l'hommage de l'homme à Dieu, mais nous voudrions qu'on le réservât pour Dieu seul, et qu'on n'entendît pas dire à chaque instant: j'adore ma femme, j'adore mon chat, j'adore le vin ou le café.

Pourquoi voulez-vous que je n'adore pas ma femme , me dira ce jeune mari; n'est-elle pas adorablç?

Nul doute, puisque c'est une divinité; d'ailleurs le code civil vous y invile et, au besoin, vous en requiert.

AFFAIRE. Tout le monde a les siennes, même les bêtes. Considérez un animal en mouvement , oiseau , poisson, insecte, quadrupède , il vous sera facile de voir s'il flâne ou s'il se promène, ou bien s'il va à ses affaires; bref, si c'est un touriste, un chasseur ou un voleur.

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Faire des affaires: tel est en France; en Europe, dans les trois quarts du monde, Tidée fixe d'une bonne moitié des individus de toutes les classes.

Qu'est-ce donc que des affaires? demandait un homme naïf. C'est le bien d'autrui , lui répondait quelqu'un qui Pétait moins.

En général, les faiseurs d'affaires sont des gens qui font mieux les leurs que celles des autres, et leur cabinet est un trébuchet on laisse toujours quelques plumes de ses aîles. Dans ce métier, faire*des affaires veut donc dire toQt simplement faire des dupes.

Chargé d^affaires est un titre plus relevé que celui de fûseor d'affaires. Il s'entend des ambassadeurs des grandes et des petites puissances.

Les particuliers ont quelquefois leurs chargés d'affaires ; t'est ainsi, du nràns, qu'ils nomment leurs factotums, leurs commis-voyageurs. Ces chargés d'affaires privées ont , comme ceux des affaires publiques, mission de tromper les gens. Seulement, ils les trompent pour le compte d'au- tnii à tant pour cent.

J'ai votre affaire signifie, à peu de chose près, qu'on a la sienne , et qu'on veut se débarrasser à vos dépens de quelqu'objet dont on ne sait que faire ou qu'on espère vous faire chèrement payer. J'ai votre affaire, dit ce maître qui a un laquais frippon ou maladoit dont il veut purger sa maison. J'ai votre affiaire, dit ce marchand qui a un fonds de magasin dont il ne peut se débarrasser. Défiez- TOUS donc des gens qui ont toujours votre affaire prête.

Faire affaire oSrt quelque chose de plus réciproque. Ici on peut faire les siennes en faisant celles des autres : c'est un échange qui peut avoir sa probité.

Les hommes du midi, les orientaux ne font jamais une affaire, un achat ou une vente, sans l'accompagner de beaucoup de paroles.

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Dëns fe nord, le batnl eu affaires n'a ordinairement îîeu qiie fK)tir les petites. Quant anx grandes, elfes se concluent en peu de mots, notamment parmi les gens qui en ont beaucoup.

Le «banoèlier Bacon di^it qu^un long discoiirs ptrnr finir une affaire est comme une robe à longue queue pour la course.

Je vais totis fàhe une affaire ne tent pas dire la mémcf (jhoSe que je «ife faire Urne affaire avec vous, f^irè une attire à quélqu'thli Ê'est îiîl fôîre utie signification, c'est lui susciter une chicane, une ^aér^fé, c'èsll ttrMi ihériacè ènfîti contré sOn bdniiëur oii sa prolpriété.

Lui fctik Bovt affaire c^t ^is encore et aàiiiti^c^ 4d intentions bien autrement hostiles, car il ne s'agit k^ieri inoii^ qiiè d'tlliéi* âtfëtJdrè son boinme au coin d'un bois pbù^ lui icoupet \tk gb^ge.

' '''Âi)(Xr khlé affàvh àvee queî^i/ûn est beaucoup plus ittoHl : t^est alfer hobfnêtetnëiit sur le fétrafu pour y ét!h^gét ilh coup êCépée ou die pistolet, liâdii le goût des parties. Cette affaire est un duel.

Utië al^irë peut iuki être tmé bataille rangée : j'^tat^ à tkle affaire, dit ce rfeùx' is'bWhat.

Avoir àffixire' ai^ qmlîfaixn Ht vieîut pias dire cév&ir àffù,Wk a )iiMqtjtiik, Lorsque 'je dis au voisin : vous aure2 affaire à moi; cela signifie: je vdus rouerai de coups de t^biéfgs bu de bâtoh , bu bien encore, si c'est un praticien q^i^^iÀ-le : je refus ferai Tid procès.

J'ai èèffà^e i* Hwis af dobc unie toute ébtre signification que tous aurez â)jbty*è à mot. Ta! ^ffairlé à tous est inof- fehilif, il s'iagit seulement d'ùtae affaires à traiter; tandis qtte dans l'autre, il s'agit d'bti bdiùme à tuer ou tout au moin^ à hiitteir.

Vbu9>^éie^ hors' â'èiffair'e est le compliment que fait un médecin à un malade qu'il n'a pas tuë, bU iin avocat à un

A6A 13

clieot qu'il a sauvé des giAères : c'est toujours un mdladtf (ffB en réchappe.

Ou n'eu finirait pas, si Ton voulait présenter toutes les* significations diverses que nous donnons au mot affaire;; c'est la rohha des Italiens , morceau qu'on sert à toutes sauces, depuis la plus naïve jusqu'à la plus épicée. Les étrangers feront dono bien peser le mot affaire avant de le prononcer ;. s'ils disent d'un homme : ses affaires totU en mauvais état , qu'ils se gardent de présenter même image au singulier.

Bref, le mot affaire, comme celui dt ôhosSi remplit dads la langue française le rôle des grandes utilités; on le met è tout et partout ; seulement il ne remplace pas encore les noms et prénoms, et si l'on dit souvent monsiew on madame chose, on ne dit pas monsieur o^ ràadame affairé. Vais cela viendra.

Nous aurons à parler plus d'une fois de ces mots à double

scBs, véritable plaie des langues modernes, surtout de la nôtre, parce qu'ib prêtent à d'insipides jeux de mots et qu'ils empêchent souvent les étrangers de nous comprendre*

AGAMI. C'est un étrange oiseau! il a la manie de Tordre et de la paix. Âperçoit-il deux êtres qui se battent^ faissent-ils d'une autre espèce que la sienne, il va les séparer, et ceci sans violence, en piaulant, en criant, en les poussant doucement.

11 a un caprice plus bizarre encore : c'est la charité. Voilh il deux petits oiseaux afifomés, il ne s'informe pas s'ils doivent devenir rouges ou gris , si c& sont des oiseaux rares et précieux ou de méchans moineavx , il va leur porter à manger. U faut avouer que l'agami est une drMe de bétel

Jyossi, de peur que ^exemple ne gagne, les hommes le

i.

14 ALI

tuent'ils partout ils le Rencontrent ; comme ils fon chez nous des hirondelles et des petits oiseaux chanteun de crainte qu'ils ne les réjouissent trop et que les moisson ne soient trop belles.

ALIGNEMENT. €*est le vandalisme moderne ou 1 bande noire qui s'est faite administration. Les dévasta tions des Hpns et des Goths, le fanatisme des Iconoclastes les fureurs des Procustes révolutionnaires n^ont pas caus plus de ravages ni fait plus de mal que n'en font et qu n'en feront les stupides maçons se disnnt ingénieurs architectes, conseils ou comités, qui ont inventé l'aligne ment, et qui, à l'aide de je ne sais quel règlement sauvage de quel code barbare , ravageant nos villes et nos cam pagnes, en effaçant Fart et l'histoire, mettent annuellemer en coupes réglées nos monumens publics et particuliers.

Que de grands souvenirs, que de nobles types d'arch tecture , que de chefs-d'œuvre sont déjà tombés sous 1 sape de ces Welches adorateurs de la ligne droite !

Mais leurs œuvres en diront plus que nos paroles : voye ce qu'ils ont mis à la place de ce qu'ils ont ôté. Tro heureux encore quand ils n'ont rien mis et que leu ignoble truelle n'a pas sali les restes des brillans hôtek des temples , des palais qu'ils ont mutilés ou jetés pa terre !

Et nous nous disons citoyens d'un pays libre , et nou aimons les arts et la patrie, et nous sommes fiers de ne codes, et nous prétendons que l'arbitraire n'y existe plus que la confiscation y est abolie ! Mais en est-il une pli odieuse? Est-il une tyrannie plus pesante que celle qui ei dirigée contre l'art, l'histoire et le droit commun?

Quoi! le vieil hôtel qu'ont respecté les siècles, qu'oi même épargné le fanatisme radical et la plèbe en démenc<

AU 15

quoi ! cette maison sont nés mes pères , ils sont morts ; quoi ! ces monumens , l'orgueil d'une ville , ces roonumens inscrits à toutes les pages de son histoire tomberont devant la décision d'un démolisseur ignare ou intéressé à leur destruction !

Et sur quel prétexte , grand Dieu ? Sous celui que sa façade dépasse de dix centimètres celle de la baraque de boue qui est à côté ! Eh ! malheureux , fais avancer la baraque et laisse le palais à sa place.

Mais la rue doit être élargie. Pourquoi élargie? Est-ce que nos pères ne l'ont pas trouvée assez large ? Il y a six siècles qu'elle est ainsi. Qu'alors on l'eut faite large, cela eut mieux valu, sans doute; mais puisqu'elle ne l'est pas, puisqu'elle perdra en grandeur, en beauté , en souvenir, en durée ce qu'elle gagnera en largeur, laissez-la donc telle qu'elle est. Est-ce que les rues de Gênes sont larges? Est-ce que celles de Venise le sont? Et Gênes et Venise en sont-elles moins de uobles cités, et leurs monumens en sont- ils moins vantés ? Tandis que Londres, l'idéal de la ligne droite, l'as-tu jamais entendu honorer du titre de superbe?

Crois-tu que les huttes, les niches, les cages que tu nommes des maisons,, en seront plus belles parce qu'dles seront plus distancées? Ne comprends-tu pas qu'on ne les verra que mieux, et que plus on les verra plus on dira que tu n'es qu^un massacre et un gâcheur?

Si l'alignement te semble si beau, que ne décides-tu qu'il aura lieu en haut comme en bas? Pourquoi ne demandesrtu pas que toutes les maisons soient réduites à deux étages et toutes les cheminées à un mètre? L'ensemble en sera régulier en tout sens, et la vue ne sera plus choquée de ces tours , de ces clochers qui dérangent l'harmonie de l'uniformité.

A quoi servent ces plaintes? La bureaucratie n'est-elle pas pour les étouffer? En ccntinuera-trcUe moins à

ift lAhii

tàmrë'U t>ioéhë ^a^toiit '6hHi ^ tidti è édifier, màfà à îÉWtruîrt?

Qa'ÉJlé l'y ûietfe donc, 'et pdsse-t-élte eti Vlftadhèr une •pierre 'ftàez ^téké pt^vtt (^cràsét la sqttfse.

Voyez : Vandale, vandalisme^, géfiU civil et Mlitàité.

ÀtJlHÀN'ÂiCHà*. En irsso. dli eb iS3ô, h'îm'pbrie, un honnête marchand (idrës, h'sAbitâtit un village dont on dit p^ le ntnttV tUMaît isa^lfe", et tië potivàht hiViter ila noce toosà^s' Vbisitis, lëti^ fit^rfeéilt ihih de ^és élèvèk, phts béarf, c'ést-i-dlre te pWs ^rtis fte sefe étables. Bête fut ftéj^eaée et partagée ét(u\ltitb\eiûéùt entre une îHtlgtaftte dte pàiiyYiés''rtiértagei^ qui 'bieti s'en l'ëgrftèretit, t^niè ôft péftsc, ëàlr îefct'poré était vfàïtaettt bon et beau.

Ceci ie passait feù jafhrïèr du ftvrifer^ et \m 25 décembre 'hnêteiî'ailnëe, àtt rie t)rii*ïàft Cncdte èatts te village que rfe fV^ellefMe du't)dt*c et de ta'gënëi'é^té du doiJâtenT'. Mais k cette éî^b<}ttè', tés chtifsés châti^èt^èM de face r le colpdrtetir ailtKidl du ïiatijééày^ifit'pà^^ bV^c sk piâédtliïe dfdfhaire 'tfe (hètceriés fib'és et dë^ lilfë^atdréS 'Sifei^se^, Il islrrlvâ que Tôïtoartâch notrfeët rtootttàît la pitolyëBle TiîstoJre â^tie i^cYk titi\ryibid\it par xm tihiet!, pûh Vertdùe à la bott- 'iiféiie, sfVMt ddnùë fe tafge à tbtts èëùis: quFén ârtaiettt gôftté.

Cet accident Idîtitafa h'ëut sàtis dbntepta^1!>éMoup éiiHi tes. îribi^ti^ dtf viHHgë , Vît tf^l^ît Verm à l^éprtt du 'tlC!tîtp6réhér,'tthHii'jéyrtietnttrt, ijttï'àfràît'titié'dent cb!rti*e 'toti» Së^ tbisidâ p6\if les 'tfès-j[ùstës tdri^ectiotis ^'it ëa '«n'ait tlBçtffev'*^ cî^nte^ ^teM Ijute ébh 'ftôtlrgèbis ifv^t âbifrtid fe jtoéb parce 'tiùMÏ bfe le ^pduv^U vëiidw?; ^e TbniU^l'âVâie éiii ènié^i'lllordd et ^b'if eu était moit.

*Vtk elàifM^méKiMefëâèik^'^mû^

MlitL tt

A celte notÉVëne , le b^dkau fil observer qu'en réalUë persoiitie ne Vû^ait vii tàer; qu'il ôvait, il est vrai, une grande ùntefïëté à h gorge, mâî^ qu'elle pouvait avoir été faite par la gueule â*«ih chien, eoitiAse par le couteam d'on bodchér.

Le lendettiain, toiit le village disait que le porc qu'on avait trouve si bon était mort de (A tagOi Le surlende^ main, pibs de trente kabi^mé de tout âgé ^ de tout sexe secrefirient à l'Meure du trtépa^ : dix avaient ies tranchées, hnit des eontnIsrotfS', six éeumaient, tons se moi^daient lés doigts, et pas un ne voulait boire une goutte d'eau ni approchët- de son f^itèbn de la rivière.

CéuAl une élA^oyâlnle tn««tir dans la commune* Le g&Hde chntnpëtre avaM (a4s 1(*s armes; le conseil mukiicip»! élaîl en pëtmsaeMei, «in exprès avsët été envoyé au sons- jjitëeîy D^ mitve a<i préfet, enfin nil troisième au médecin des épidémie^ et à la cmomissioin sanitaire. Les plils pnAem ^titm tés Aetablesi, de ceux bien entende qui a'àvavent pasiMnirgédu pfôfc suspect /paHaient d'étouffer, MoÉ Fûsâge ^tilique, tous les malades entiie denx matè&as.

Des accident gravés ou de ij/mrs remèdes anfraient pu sarvenif et d'étie >fliàiitaflse patele faik-e m mauvais cas, si le difrorgiéb àù Heu» homiide de bon sens, n'eut fès fUffmté un topiqfue iandogue à la circoàstance; et avec un peu de gMémugm el^^belrnooiiip saint Hubert, il guént faut le nJMVde.

Iléannoins^ *lé.8Ui|etiiefdtfpas:perdii ^onr les ahnanac^ et les aiQuvsiisiés 'tenues. «L^aninëe 'd'après Oh colportait dans tmite Fvailae, pour additidn an faitt "de la vabhé, le terrible vki% '^e ii mort ftnbite de eeilt cinquante peilsomies décédéssidaiB d?lKivfîblés^ouffpaiaeës« par la fétodivé d'iÉi «nrcliRilHl :dér fiorto qui Imt «mit 'foit «langer use iiéta lénràgée.

'Bièà fue èem hteiericiie «it ilair id'un liailiÉialgey eie

18 ALM

est pourtant toute vraie. Nous^ en pourrions citer les acteurs, qui vivent encore , et dont pas un n'est capable de mordre même un. enfant. La conséquence qu'on peut en tirer, c'est qu'jil n'est pas de sornettes que les almanachs n'accueillent « et, qui pis est, ne fassent croire, et qu'un almanacb menteur n'est pas un petit mal, parce qu'il peut en çiMiser beaucoup d'autres.

<!e sont les almàuacbs qui tant de fois, en prédisant la fin du monde , ont pendant des mois , des années , tenu des familles , des populations en émoi et presque en démence.

Ce sont eux qui , chaque printemps , découragent le cultivateur en lui annonçant des épizooties, des grêles, des tremblemens de terre, des inondations, et l'empêchent de songer utilement à ses affaires et de se montrer actif et soigneux. Pourquoi élever des bestiaux qui vont mourir? A quoi bon cultiver le champ qui doit être ravagé ou inondé on consumé par le feu du dd? Dans quel but con- server quelque chose pour l'année prochaine, si l'on doit finir avant la fin de celle-ci? Ce que l'annonce de la fin du monde a £ût de prodigues et d'ivrognes ; ce qu'au- jourd'hui encore les fausses prédictions de tempêtes, de dévastations créent dans les campagnes d'insoucians et de paresseux serait long à énumérer. 11 est pourtant facile de sentir que si les éclipses, certaines comètes et toutes les révolutions de la sphère céleste , qui sont la suite d'un mouvement fixe et invariable, peuvent être exactement indiquées, il n'en est pas de tnême des accidens qui tiennent à des causes subites et par conséquent imprévues.

Quoiqu'il en soit, cette croyance aux astrologues ou aux prédictions de Nostradamus , si elle n'est que trop commune encore, n'est pourtant plus générale. Nous con- venons que les almanachs ne sont plus aussi absurdes qn'ils l'étaient, que les prodige8«et'les énormités n'y

ALM 19

foiinnillent pas comme naguère: car toot s'ase, même la sottise , et avec la meilleure volonté et toutes les dispo- sitioDS possibles, on ne peut toujours en dire, en faire ou en croire. Mais si les almanachs sont moins niais, ils sont devenus plus méchans; ils ont abordé Pépigramme et entrepris la calomnie.

Or, la calomnie de Talmanacb est de la pire espèce; elle est presque incurable quand elle devient populaire et tra- ditionnelle, parce qu'alors ni le raisonnement, ni Févidence ne peuvent plus Feffacer. S'il avait, passé par la tête d'un faiseur de complainte d'insérer dans son livre à deux sous que saint Vincentr-de-Paul ramassait les petits enfens pour les manger , aujourd'hui le peuple de France et peut-être de la moitié de l'Europe n'en douterait pas: il ne verrait qu'un ogre dans celui qui fut le bienfaiteur des hommes.

Que d'honnêtes magistrats et de savans respectables, 90e de grands citoyens n'ont-ils pas été ainsi jetés aux Mtes ou signalés à la haine populaire par l'inconsé- qneoce et la stupidité 1 Combien d'années , combien de siècles peut-être ne s'écouleront- ils pas avant que la macule de l'almanach ne disparaisse , que la vérité ne surgisse et que justice enfin , justice entière leur soit rendue.

Mais si l'almanach peut beaucoup de mal, il peut aussi beaucoup de bien ; et , nous le répétons , il présente, depuis quelques années , des améliorations sensibles. S'il s'y glisse encore des fadaises , il n'y en a guère plus que celles qu'il faut pour la consommation journalière et pour satisfaire ce bon public qui, naguère encore ^ ne croyait à une vérité que lorsqu'elle était encadrée de deux fobles. Or, si l'on est arrivé à la faire passer a l'aide d'une seule, c'est déjà cent pour cent de gagné. Nous ne sommes donc pas assez ennemi de la joie publique pour

SO iULM

bannir entièreimetit les piuffs de Talmanafth , ïûûxé nous désirons Seulement qU'oh en mette moins.

Nous ne dirons pas la même chose de la èhansonnette, nous en voulons beaaeoop ^ 6ar d'est la partie obligée des almanaebs \ et quand elfe est gaie sans cesser d'êir«! décente, elle ne gâte rien nulle part.

Elle éassi ferait nti bien infini si efle remplaçait , dans la bouche du peuple ^ ces Refrains ordùriers dont l'oreille des t)assdns il*est que trop soaveùt offensée. Mais c^esit que ri«n n'est pli» diftleile en France que de rendre une ehatison populaire , quand elle est bonne , s'entend « car c'est tout différent quand elle est mauvaise ; et si elle tnanque à la fois de rime et de raison ^ son Succès est as^Ui'é.

Si l'on pouvait déterminer les classes ouvrières à cbailter des tlmes hdnnêtes oo du moins à ne pas chanter des saletés, on leur rendrait un vrai service; et Oe sont les adnianachs qui le peuvent.

On leur ferait non mioini de bien eti les dégoûtant de ces histoires autopsiiquest de ces complaintes cadavéreuses dont le peuple de tous les pays et de toutes les classes est BÉalhenrèttsemebt si friand. récit de ces crimeis bi^arres^ de ces actes sans nom , fassent-ils v^ais, ne peut pfoduit^ tfMitre i-ésttftàt que ôt dotiiier à des cerveaux malades l'idée de les commettre.

le âmts cimtaiiicu que la plitpatt des aoéès de mono- Mnie iMmfcidé sont déterminés par cèâ contés i^angltttts. Ke perdcms pa$ de vtie «fae fe senliméftt d6 rfmitatioVi est cm d^ fHAs |)iïi!SsaAS de la nature huiHaitie, et que^ des «mitiHdes si ëbsui^dëi et même si midtès ^«i ti^attg^Ksé les sièdes, &m qu'il n'y a pM de tyranniié ^iiis diffidle à Vhimn que déllë d;^ tVXëmple. ff eât donc de la pluis grande impotmm ^ M liv^éa popuMi»!» n'en donnent que de

BU pairiënt dieë ihObAtteë, il tte f^t p^ ùëgligèH^ ks

choses, et encore it feùt tfii'cMx jtn!K(^rétax. Uil cérfeiin nombre de page^ doit ëtrt téserré aux questions qtri toachent à la science. On peut même s'aventurer de temp^ à antre jusqu'à lia science élle-mênïe : géologie^ archéo- logie, lrid<!yfre, éitt^it!( présenter de tharrifîère à trouteî' déslectectrs dàtis ti^irtes' lés clauses', (fe^t^-dfreà instruire issez sans ennuyet trop.

On y joindra quelques? préceptes d'hf gîène et beaucoup' de concile sur féconomie dom^ique, sur la réduction des dépenses" ftintfles (fà dangereuses, sur le véritable prix des denrées de touls^ \ëè objets de cotisommatîon usuelle; entn sur les iWôyéns , sînbn de prévenir entièrement nritôre , du rUôins eut f afdoucir et de la rendre moins profonde, moins acerbe, moins désespérée. Ici l'association* et le boh slécord entre felmUle^, entre voisins, entre habi- tais tfcme même rue, d^ntt même village, seront fortement recommandés.

Due àéric d'àrtiBeS iWîî«rté^ cônére-annonees seraient destinés à mettre le peuple en garde contre les réclames trompeuseNi^ deir cbarlatâbs-. Par compensation, les décou- vertes^ daiM les arts, dan^TTffdusirie, les pe^feclionRemens* et taèitiç les simples ès^iî^, quand ils pourront condnire à un résultat profitable aux- masfies , devront être cités. Le# noms dîes hommes àtiîei* seront ihts avant ceux même des hommes célèbre^', atititin^ent dit^ gt^êê kommës, car ks

* *

mis nous f&tit ât bfén et lés émites i^'ont sofivent aoqtii!^ letu' céiébW qu'au prit du meilleur de notre sang.

Quant à fer politique, nowtt n'en dirons mot. le voudrais que lesr litres des^nê^ aux leeinres de fauiriNe ne fussenK d'atitun parti : les dôillëi/fs dites politiques ne sont trop ioutent qu'un ma^nfe p6iir okivrir les i»anTaises pas^ flions. Qiié licH 8h)iaMabhSn^»dopt«kii d'hypocrisie d'auenUe nuancr, qu'ils ne ^ietit M4 r^hstes, ni républicains, pas même ministériel^^ ^qu'ils téAieht jkiuplei mais peuple safe

22 ALM

et travaillcHir, peuple religieux et penseur, et eomme teU qu'ils fassent une guerre active à la paresse, à l'ivrognerie, à la brutalité.

Alors, gare au buveur éhontë qui dépense au cabaret le pain de sa famille; gare au fainéant, au vagabond, qui, du matin au soir, bat le pavé au lieu de travailler ; gare à celui qui maltraite sa femme et abandonne ses enfans, il trouvera sa figure dans Talmanach. Mais aussi le bon ouvrier, le bon mari, le bon père y trouvera la sienne.

Quelques portraits, quelques esquisses morales devront ainsi terminer chaque volume qui sera, s'il est possible, adapté à la localité ; car je ne verrais pas un mal à ce que chaque département, chaque arrondissement, chaque ville même eût son almanach chantant et moralisant. Mais il faudrait à la tête de cette grande armée de petits volumes une directi(Hi d'ensemble, et puisqu'il y a la société des annonces , on pourrait bien créer celle des almanachs : c'est un moyen comme un autre de conquérir des âmes au bon sens.

Qu'on ne fasse pas d'ailleurs de ceci une spéculation d'argent ; c'est seulement comme œuvre de conscience et de charité que je propose cette fondation , c'est comme moyen d'instruction et d'action moralisatrice.

n ne faut pas se dissimuler que la tâche est difficile. Nous avons déjà dit qu'on doit écarter de ces petits livres non-seulement le faux et le laid, mais le douteux et le médiocre. Aussi, n'est-ce pas précisément de nouveautés que nous les composerons, mais en partie d'extraits des bons auteurs de tous les temps et de tous les pays. C'est le moyen de populariser le beau et le vrai, qui serait pour ce pauvre peuple encore de la primeure ; car, en fait de littérature, on l'a toujours cru moins propre à vivre de farine qu'à manger du son: aussi lui en a-t-on servi sous toutes les formes et à toutes les sauces.

AMA 33

Ecartons-le de Tauge et donnons-lui une nourriture sinon friande, du moins saine et substantielle.

Quand il aura lu ce qui est bon, il ne voudra plus lire autre cbose, parce qu'il sera lui-même devenu meilleur.

AMABILITÉ. L'amabilité, considérée comme vertu de société, consiste surtout à faire ressortir Tamabilité d'au- trui, et mieux encore, à rendre aimables ceux qui ordi- nairement ne le sont pas.

Cette amabilité communicative appartient surtout aux femmes et spécialement aux Françaises; mais même parmi odles-ci ce n'est pas chose commune, car cette qualité ou ce savoir- faire dénote un tact parfait et sinon de l'in- struction, du moins un aperçu des choses.

C'est ce genre d'amabilité qui en a rendu célèbres quelques-unes, bien qu'elles n'eussent réellement en elles aacun élément de célébrité , ni même aucune espèce de talent, sauf celui de rester chez elles, d'y attirer les gens d'esprit et de savoir les y retenir. Il est vrai que ce talent eo vaut bien un autre.

Cette amabilité de tous les instans , cette science de présider à un cercle et de faire que tout le monde s'y plaise devient plus rare de jour en jour. Néanmoins, on pourrait en citer encore des exemples parmi les femmes.

Ce serait plus difficile parmi les hommes; et le désir de plaire y est si bien passé de mode dans les clubs et cercles masculins, que quand un homme y fait l'aimable, chacun s'en âoigne, croyant toujours qu'il a un service à de- mander ou de l'argent à emprunter; et le malheur veut qu'on devine juste ordinairement. Dans notre temps essentiellement spéculateur, on ne veut pas faire des frais pour rien.

Il faut avouer que le gouvernement constitutionnel, et

U ÈMèL

AibItisI èhéorè \e rëpiiblîlcafîn, n'est j^à^ iiro|>f e à feî'ite naître et à développe^ Pamàbilitrf. éfeilîe trop de suscéptibilltésr, î! excite ft*op de piassions orgueîlleoséà et rii^ales. Cet MbUahe he Veut j^^^tfè îftriiable, Crainte paraître futile. Il ne doit, selon lui, parler que de choses graves ; il veut être sérieux et n*est que maussade.

Le^ jeu* de bbur^é eôbMbuent paà non plus à pé^lariser rataabifitë. On ii'eét gtièref cfis)[»séà faire de Vé&pt'\t lôrsqtt'otf éifitche à ga^nter ât l'âtgétot et encore moins lorsqu'on craint d'en perdre.

QuafM éti cc/tAttietée^ il f^d àimiable qtie'lé eommls- toyagfeur, qtà èàpère vous felre- accepter ses articles. H f ouâ reiAbourise en gracieusetés ou en cfllembouf ce qtri lellt ntflfn^Aeén qaatité.

L'amabilité en fiitkliite éât eùùt^e fim fi»& que l^amSH Mité at¥ salott. En famille^ chacun ^ montré en déshiibiUé. €M ciâf â'^ pttfdbnYier'biendeâ éhosed: l'inisouciancé égAm éknt âouvetit y être ëdmi^ eùûïm égalité ée <»fac«èKf, éï ce qnPoti y qualifie de |>eu aimable, y de la bbnée! et fi^anche gtossWfreté.

Force est donc de reconnaître ici <ïue l'hônfine aimable dn monde n'est pas totijottts céliiif dn l<^is; o'éist souVént^le ôtmtraii'ey et TînéMdVi qui tait bèaueoap frais pour ^ire aux étrangers, eif fait d^autant moins pour se réndt^e suppiôrtable à ceat dokit ifl n'a rien à attendre on qui afStendéht tout loi. Césl quMd ramabilité est fadticé; c'est an; masque , un jeii séénique qu^on ne garde que pour kffgrandeà occasions et quand il y a un nombre soffisant de spectateurs ^yant ou pouvaiHt payer. On est aimable à forfâfit oùf à tamf par heuit : c'est encore de l'amabilité eammerciale.

Il ne faut ^as se dissimuler quHI n'en est aucune qui ne le soit un peu, même celle qui n'est pas jouée. On est âknàbte enver;» autrui afi» qu'amrui ït sovt afec nous. Il

AME ^

y a donq cncoice un .caleul, mak uo calcul juste. Quai^ il se géoéfdlm ou quauâ nous youlims être a\grëabl0 k tou^ et non pas çyçnlement à quelque spécialité, notre calcul devient une vertu ; car la véritable amabilité /^t r^ndiement des bonnes qualités du cœui: ou de tout o^ qu'il renlernie de doux, de socjiable et de bienveillant, san^ ejcdttsiç^ 4e personne; c'est le désir de plaire, non po^r obtenir quelque chose pour nous, mais pour contribuer an bien-être de ceux qui nous approchent. L'individu aimable ainsi , en rendant heureux ceux qui l'entourent , manque rarement de l'être lui-même.

ASIE. J'entends par ame le principe de la vie. Tout être vivant a donc »ne ame.

Séparer la vie 4e l'ame ou l'une et l'autre de la Caculté d'agir, de la .voliMAté» de la pensée , de l'intelligence est^ selon JQEKH, un système peu rationnel. C'est p^r rintelligençe Sfiule que la vie peut devenir pecsoi^ielle et applicable. La vie ^s intellig^K^e n'est qu'un non scas. Ce n!e$t pqiiit la vie, c'est un état mécanique.

Si cet état mécanique n'est que .transitoire , c'eat le repos de la vie, ni^is non sotn fibsence.

Vame n'est pa^ile résultat du eorps ou sa création w 9i elle l'était, elle ne lui survivrait pas, elle serait périspaMe comme lui. C'e^ je coiip^ qui est d'oeuvre de l'ame on de Dieu dont elle émane.

Pourquoi le corps, pourquoi Vmfi elle-même ne peuvent- ite produire uçe autre ame? C'est que l'ame n'a fias été prodi^ite, c!^t qu'elle est i^réée comme laDiviùii^ dont ^lle sojrt; c'ept qu'i^idiviçible et individuelle,, elle /est susceptible .<ie,Qrois$«^ce, de stagnation et de déoro(issanoa, m^ non^e.ifflpr't. Cependant la vie est moins une action toigouis^ginaBte

«6 aNE

qu^une faculté , qu^uiK possibilité d'action. Cette faculté peut, non pas cesser d'être, mais cesser de se manifester.

Ce sommeil de Tame, ce temps d'arrêt de la vie peut durer des siècles et des milliers de siècles : dès lors ces êtres inconnus qui nous apparaissent de loin à loin et que nous nommons nouveaux, ne sont que des amc's qui s'é- ▼dllent. Peut-être même s'éveiUent-elles pour la première fois et s'en éveillera-t-il encore dans des milliers de siècles.

La vie toujours individuelle se manifeste sous des formes différentes , selon son degré de force et d'intelligence et aussi selon le globe,